Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

02/12/2021

Aérations

La dernière vague pandémique a poussé, comme on dit, à resserrer les boulons et à réactiver les fameux gestes barrières, dont l’aération des locaux. Ce qui confine à l’exploit quand on ouvre les fenêtres par -2 degrés. Dans notre monde un peu malade, et pas que du virus, l’idée d’une aération nous donne envie de désengorger un cerveau trop sollicité.

Les différentes poussées du virus en effet, et de ses variants qui éclosent périodiquement, mettent en scène des experts conformes à leur nature, soit très optimistes, soit très pessimistes, sur cette pandémie inédite. Autorisant chez les profanes toutes les hypothèses, y compris évidemment les plus farfelues.

C’est aussi le terreau idéal pour les thèses complotistes. Les politiques en perte de vitesse excellent dans l’exercice. Le chef des « Patriotes », énarque, donc réputé intelligent à l’aune des appréciations habituelles, propose son paquet personnel sur l’inanité du vaccin. Le Vendéen sort de temps à autre de son Puy pour nous régaler de quelques sottises.

On oblige notre cerveau, qui n’en peut mais, à pratiquer de plus en plus une 2ème langue : l’anglais. Passe encore pour le S.M.S. (short message service) au lieu de message. Est-on obligé de signaler l’importance d’un mot par l’inévitable hashtag ? Comme si on avait honte d’assumer un dénigrement, on s’entourloupe avec le bashing. Et après le succès du Hollande-bashing, l’écolo-bashing, on a le n’importe quoi-bashing !

Ces exemples montrent assez qu’il faut aérer nos neurones par des actions simples et terre à terre. Quand la soirée s’avance en C-car, l’esprit se concentre sur la recherche du coin où poser l’engin pour une nuit calme et paisible. A l’approche d’une côte à vélo, ignorant sa pente et sa longueur, on s’interroge sur la vitesse qu’on a choisie. Les profanes diront que c’est un souci qui vole bas, mais pour le cycliste, à l’instant, il est impérieux et permet  au remue-méninges la relaxe du bouton pause.

10:05 Publié dans santé | Lien permanent | Commentaires (0)

26/08/2021

Garder le cap

Depuis quelques matins, en me rasant devant la glace, je repère le front  plissé d’un type qui file le mauvais coton d’une triste personne âgée. Je comprends moins les films parce que j’entends mal, des mots s’évanouissent quand j’en ai besoin, et surtout c’est la petite forme, pas tellement physiques, mes activités sportives m’ayant habitué à cette décrue. Mais plutôt une perte d’énergie qui me fait renoncer à des projets sur lesquels je me serais jeté avec délectation auparavant. Il ne manque plus qu’à se recroqueviller sous sa tente, et on s’embarque sur un chemin d’acariâtre.

Durant mes folles années d’adolescence, j’avais décidé que je mourrais à 30 ans. On a vu. Avec un peu plus de maturité, j’ai décidé que je fêterais au moins mes 90 ans. Mais balloté dans un flux de ruminations négatives, le chemin pour y parvenir risque de s’apparenter à un chemin de croix. Aurai-je la capacité de progresser à contre-courant ? Regardons les choses calmement.

D’abord, nous ne sommes pas malheureux. Certes, on ne fait pas partie des 10 % les plus riches, ni même des déciles suivants. Mais je suis assez riche pour payer des impôts et atteindre chaque fin de mois sans angoisse, et même ponctuée de quelques gâteries.

Notre maison est située dans un lieu semi-campagnard où la possibilité d’être victime innocente d’une balle perdue est extrêmement réduite. Nos voisins sont d’une grande gentillesse à notre égard. Ils nous ont soutenus lors du confinement et encore aujourd’hui, ils nous gâtent de haricots, de poires, de tomates. Et bio, avec ça !

Certes, on a aussi les 2 chiens dont les chants alternés ne nous séduisent guère. Mais sans eux, qui nous fournirait notre moment de grognonnerie nécessaire pour éviter l’ennui !

Notre famille fonctionne dans une certaine harmonie, ponctuée de quelques éruptions libératrices de pression. On n’est pas guetté en tous cas par un ennemi monstrueux susceptible de fondre sur nous et nous déstabiliser.

Mon épouse a écopé de divers handicaps, mais elle s’acquitte de ses activités avec courage et le plus de sérénité possible. J’ai la chance quant à moi de disposer d’assez de jus pour me livrer à diverses pratiques sportives auxquelles de plus jeunes ont du renoncer.

Et puis, il y a devant la porte notre condensé de vacances à roulettes qui nous emmène où on veut quand on veut. Qui n’est pas jaloux si on prend d’autres roulettes pour d’autres types de voyages.

L’addition de ces différents items donne un bilan plutôt positif qui ne nous rend pas forcément éligibles à un bonheur permanent. Mais, pour les années qui me restent à vivre, au moins jusqu’à 90 ans donc, j’ai décidé de garder mon esprit disponible à l’éclosion de petits bonheurs. Et cela aussi souvent que possible. Alors, rendez-vous demain devant ma glace !

17:16 Publié dans santé | Lien permanent | Commentaires (2)

03/06/2021

Je me hâte avec lenteur

Une jeune pousse de mon entourage, lorgnant sur « L’éloge de la lenteur » abandonné sur ma table de nuit, déclarait, il y a peu, que ce titre ne m’était pas approprié. Ce généreux démenti m’a laissé dans une impression de faux-cul qui se la joue tellement nombre d’indices pointent chez moi vers la lenteur, parmi les autres signes de vieillesse.

Notre cuisine par exemple, et ma table de « travail » non moins, sont constellées d’affichettes de taille et de couleur différentes rappelant des choses à échoir. Il ferait beau voir à mon âge que j’oublie un R.V. de docteur. Les dits-docteurs remplissent mon agenda, mais à mesure qu’approche l’échéance, je redouble avec une affichette.

Là où l’affichette serait utile, mais pas très commode, c’est dans la conversation où le mot recherché s’échappe de plus en plus. S’agissant de la capitale du Kirguizistan, passe encore. Mais il s’agit maintenant de lieux mille fois parcourus, à notre porte, que je  ne retrouve pas le moment voulu. Je me lance alors dans un vrai concours de périphrases pour tâcher de désigner le manquant. Du moins cela fait travailler mes neurones, et même ceux de l’interlocuteur occupé à  résoudre cette sorte de jeu de piste.

Sans avoir pris de centimètres en largeur, j’ai un peu de mal à viser ceux des portes et j’accroche couramment tout objet, clé, poignée, qui dépasse. Je ne rate pas toujours la moindre anfractuosité su sol. On se sent vieillard quand le pied vient buter sur ces reliefs minuscules.

Je peux me désoler aussi d’un cerveau devenu le cimetière de plein  de projets qui m’ont enthousiasmé et qui restent à l’état de rêve. J’ai accepté d’avoir perdu du muscle, ce que me disent les sorties à ski ou à vélo. Pourtant, les neurones du cerveau seraient-ils des muscles tellement affaiblis que je manque à ce point d’énergie pour en réaliser quelques-uns ?

Malgré des jambes, pas encore en coton mais déjà plus en acier comme autrefois, je me bouge avec des marches et des indigestions de vélo. J’ai trop peur de ce supplice pseudo-médical qui pousse les vieux à la marche forcée : être affligé  d’un chien qui oblige à sortir matin et soir pour faire pisser l’animal.

10:07 Publié dans santé | Lien permanent | Commentaires (1)