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02/06/2022

Il n'est bon bec que de Paris (F.Villon)

Depuis la royauté et le slogan : « Il se passe toujours quelque chose aux Galeries Lafayette », Paris n’est pas seulement capitale de la France, mais le nombril du monde médiatique. Ainsi, après la semaine Abad, la semaine Pap Ndiaye, arrive la semaine « orque ». Les radios matinales, « nationales », ont mobilisé les ondes avec cet orque égaré dans la Seine. Certes, c’est un peu inédit, mais après une petite minute pour l’Ukraine, cela fait un peu indécent.

Du moins, pour la présidente d’un machin des animaux exotiques, c’était jour de gloire. Son expertise sur les moyens de pousser l’orque jusqu’à la mer était moins précise, sauf qu’il fallait éviter les drones et les bateaux « pour ne pas stresser l’animal ». Sauf que c’est justement ce qu’on a employé, et l’orque mort à l’arrivée à la mer, cela nous fait des jours supplémentaires pour les polémiques.

Mais tiendra-t-on toute la semaine avec ce sujet ? A moins que le nouveau-renouvelé ministre de la justice ne commette une gaffe. Ce qui pourrait nous valoir une petite « refill » de 2 jours. La justice se porte mal dans tout le pays mais c’est à Paris qu’on la rend par des experts, des leaders d’opinion, des influenceurs. Un nouveau métier que ma grand-mère, ou ma mère, n’aurait pas connu. Depuis des années, je chante le vélo sur tous les tons, mais E.Piolle n’a pas eu besoin de moi pour tracer ses autoroutes à vélo dans la ville. Par contre, j’aurais peut-être dû l’influencer en le mettant en garde vis-à-vis du règlement des piscines.

Et maintenant, les rédacs-chefs, le stylo en l’air, guettent le prochain scoop. Il vient de tomber avec le foot toujours riche en évènements explosifs. C’était la finale des clubs champions avec la victoire, pour la 15ème fois, du Real Madrid sur Liverpool. Le véritable évènement, c’était une foule de supporters, grossi de divers gens munis de faux billets, mal canalisés, qui se sont pressés vers l’unique porte de cet immense stade. Cela a déclenché un retard du match d’une bonne ½ heure et une généreuse libération de gaz lacrymogène par la police. On peut faire confiance à nos meilleurs ennemis, les anglais, pour nous tailler un costume avec la gestion barbare de l’évènement, eux qui savent faire cela. Juste 2 malheureuses bavures autrefois aux stades du Heysel et de Hillsborough.

N’y aurait-il qu’à Paris, et pas seulement aux Galeries Lafayette, qu’il se passe quelque chose ?(Et quelles choses !) Une petite lueur pourtant en faveur des préoccupations des citoyens provinciaux. Un 1er ministre, quittant son poste, disant qu’il va « repeindre ses volets et réparer sa barrière ». Mais, c’est vrai, il vient de Prades, et il y retourne, ce parisien par devoir.  Au fait, c’est où, Prades ?   

 

17:17 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (0)

06/05/2022

De ce qu' un livre peut nous apprendre de nous

Le thème de l’immigration n’est jamais absent de notre vie politique, avec ses moments d’effacement et ses grandes marées. On vient d’en prendre une resucée avec la récente campagne électorale et surtout les millions  d’Ukrainiens jetés loin de chez eux. A ceci près que ceux-ci sont des bons, blancs, catholiques et leurs icones bien présentables, qui requièrent toute notre sympathie.

On a quand même entendu quelques malveillants suggérer à la Pologne de bien séparer les ukrainiens des syriens ou des afghans. Car la politique sur le sujet admet volontiers qu’on peut accueillir ceux qui complètent nos compétences, les utiles en quelque sorte, et avoir des réticences vis-à-vis des autres, objets de simple humanité, donc en 2ème option. Un sujet sur lequel on serait malvenu de pavoiser, la récente campagne ayant montré que nous n’étions pas exempts de sérieuses hypocrisies.

Il suffirait pourtant de se souvenir que chacun de nos pays est l’aboutissement de strates successives de peuples, de cultures, de langages plus ou moins lointains. Le  récent cadeau d’une amie marocaine, un livre intitulé : « Les mots émigrés » prolonge la réflexion sur ces thèmes. Dans une écriture fluide, pleine d’humour, il passe en revue dans différents chapitres les mots récoltés de nombreux pays et maintenant usités couramment sans qu’on y pense.

Même si tel mot a eu au début un peu de peine à faire sa place, la leçon est très claire. Avec un mot, c’est une culture qui entre chez nous et celui qui l’apporte entre aussi. Pas plus qu’on ne dénie la paternité du  cassoulet à Castelnaudary, on ne dénie la vogue du couscous à l’arrivée des maghrébins. Comme l’avaient fait en leur temps les polonais, les espagnols ou les italiens.

L’Anglais a droit, bien sûr, à son chapitre. Ce qui est un peu superfétatoire tant cette langue a envahi nos conversations. L’informatique ou le « new-managing » s’en délectent. Peut-être pas autant que le monde de la chanson qui ne sait plus s’exprimer qu’en cette langue. Ou du moins quelques lambeaux pêchés ça et là, pour masquer un « bafouillis » plein de « la-la-la ».

Il serait injuste d’oublier que dans ce domaine on a beaucoup emprunté a de grands auteurs. Ainsi, « Give Peace a Chance » ou « Imagine » sont dans toutes les bouches. En réalité, pas tout à fait. Ne peuvent en savourer « la substantifique moelle » que ceux qui les comprennent. Des émigrés, il n’y a pas que des mots qui le soient chez nous.  

14:56 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (1)

18/04/2022

En attandant le 6ème

Dans cette élection présidentielle un peu étrange, un élément au moins n’a pas fait mentir les sondages : le taux d’abstention au plus haut. Je ne chercherai pas à en démêler les raisons et j’en laisse le soin aux experts politiques.

Il y aurait par contre aussi une hypothèse plus psychologique que je vois dans le couple droit-devoir. Le droit a une tonalité positive : « j’ai le droit d’aller à Pole-Emploi, de demander à la sécu, d’écrire ce que je veux… » C’est l’euphorie ! En face de cela, le devoir fait tout de suite rabat-joie. Par exemple, dans une conception un tantinet étroite, le mariage donne le droit de « consommer ». Sauf que dans cette hypothèse, le « devoir conjugal » n’est pas paré des teintes les plus affriolantes ! Les étapes préalables à la réussite de la chose doivent d’ailleurs en être quelque peu gelées.

Le devoir électoral est, espérons-le quand même, dans une autre dimension. Il suffit de penser aux combats menés pour que tous, pas nobles ou archevêques, obtiennent le droit de vote. Plus encore que les femmes qui ont tenu la charrue, battu le blé pendant la grande guerre, et pendant la suivante, l’obtiennent seulement en 45. Un droit conquis de si haute lutte, on est obligé de s’en servir.

On objectera que certains se trouvent devant le dilemme de ne pas avoir un choix correspondant à leurs vœux et ne peuvent se résoudre à choisir entre la peste et le choléra. Il leur reste la possibilité d’exercer leur droit avec un vote blanc (qui ferait bien d’ailleurs d’être légalisé). Se déplacer pour déposer un bulletin blanc est une opinion clairement exprimée qui justifierait qu’on y prête un peu plus d’attention.

Les contorsions qu’entraîne cette situation ont pu donner l’idée  d’une 6ème république. Les présidents qui ont suivi de De Gaulle, pour qui la 5ème fut écrite sur mesure, s’en sont, même l’auteur du « Coup d’Etat permanent », assez bien accommodés. Ce qui ne la valide pas. Sans compter que réunir les 3/5èmes des 2 chambres pour changer la Constitution ne paraît pas si simple.

Une alternative existe : que les représentants élus exercent tous leurs droits législatifs (ils sont issus des législatives quand même !) pour limiter un pouvoir trop jupitérien. Une attitude qui contribuerait à redorer leur blason. Et peut-être redonner le goût  à chacun d’utiliser ce pouvoir de choisir qu’il détient.     

 

 

18:35 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (1)