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04/08/2022

Stances au retour du vélo peodigue

E- Sensium rouge enfin de retour à la maison

Des plombes qu’au loin il menait sa vie de garçon

« Juste une petite minute, il a dit, la batterie

Tu comprends, c’est là toute l’énergie »

J’ai compris : à la pédale, c’est moi qui l’ai fournie

Sur l’ancien biclou jamais plus  de sortie

Des  reproches au fautif, singeant Raimu chez Pagnol

Les ai faits à ma chatte, elle s’en haussa du col

Pour ce retour tardif, pas de grandes réjouissances

Pour le coup, le Commençal aurait pris les transes

D’une tranquille retraite extrait au débotté

Il a fait tout le boulot sans jamais barguigner

Il avait bien mérité d’être récompensé

A coup d’onguents sur ses organes usés

Batterie, dérailleur, ou rien, méfiez-vous des V.A.E.

Sortis une minute, pas sûr que vous les reverrez

 

11:34 Publié dans Sport | Lien permanent | Commentaires (0)

08/07/2022

Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant (Paul Valéry)

J’assume d’avoir choisi comme titre un si haut patronage tellement mon rêve me semblait à cette hauteur. Je n’ai quand même pas emprunté le célébrissime « I have a dream » puisque mon sujet ne revêtait pas une telle  intensité dramatique. C’est de vélo en effet qu’il s’agissait.

Le mien croupissait depuis plus  d’un mois chez le vendeur. On lui avait changé la batterie, testé le compteur, le contrôleur, le moteur, et ça ne marchait pas. (entre nous, le Baron von Drais s’était épargné pas mal de soucis de pièces détachées avec sa géniale invention) Il restait, sur cet engin rempli de pièces électriques, à tester LE capteur.

Nous étions venus, pour suivre l’opération, avec mon coach familier. En attendant le verdict, nos attitudes devaient reprendre quelques stigmates des familles dans la salle d’attente dont la fille est en salle de travail. En effet, pour le jour de mon anniversaire, nous allions voir sortir des entrailles de la mécanique un vélo rajeuni, tout testé, prêt à de nouvelles randonnées. Quel beau cadeau d’anniversaire !

Au bout d’une longue attente, riche d’espoirs, le maître sortit de son antre et laissa tomber : « ça ne marche toujours pas ». Immédiatement traduit par le cycliste à pied, et d’ailleurs confirmé par le professionnel, en de longues semaines d’attentes incertaines, de téléphones négatifs, et une saison cycliste en dentelle.

Mais un rêve brisé entraine souvent le sursaut salvateur. Je peux réenfourcher le Commençal classique qui ne va pas si mal. Il m’a même mené au sommet du Lautaret. En distillant ce genre d’exploits  de façon mesurée, on peut tenir une saison à petits mollets dans notre riche région. Et d’ailleurs se faire quelques muscles pour rejoindre les copains du club en septembre si l’horizon s’est éclairci.

Je pourrais peut-être, comme Brassens et son cambrioleur, avec moins de maestria sans doute,  me dire qu’à cet électro-mécanicien inopérant je dois ce post. Je préfère revenir à mon rêve où mon téléphone sonnera pour m’annoncer que mon vélo, rajeuni, re-re-testé, piaffant de folles randonnées, m’attend. J’admettrais toutefois que cette bonne nouvelle ne coincide pas avec mon prochain anniversaire dans un an.

 

09:53 Publié dans Sport | Lien permanent | Commentaires (0)

09/06/2022

Mon hommage à un modeste : le piéton

Parmi tous ces nouveaux instruments, trottinettes, gyroroues, wheels (dire simplement roue est incurablement gaulois), hoverboard, il est temps de faire un peu de place à cet inconnu des trottoirs : le piéton. Son parcours connait quelques embuches et il mérite mon hommage.

Sa carrière commence tôt : pour certains bébés précoces, la marche débute avant un an. Pour beaucoup d’autres, il faudra quelques semaines de plus pour qu’ils renoncent à faire la poussière du plancher avec les mains et les genoux et lancer leurs 1ers pas. Une autonomie qui ravit les parents, tant qu’ils ne tournent pas tous les boutons et n’agrippent les casseroles sur la cuisinière. Une autonomie qui n’a pas fini de s’exercer.

Sans trop se préoccuper des cueilleurs-chasseurs des âges néandertaliens, il va vite cueillir quelques mauvaises notes et quelques horions dans les cours de récréation. Quant à la chasse, devenu piéton assumé des galeries d’intense chalandise, il va plutôt chasser les promos et les top-budgets.

Pour oublier ces folies magasinières, il ira souvent parcourir de grandes randonnées à étapes. Le top, en l’occurrence, c’est le « Chemin de Compostelle » pour lequel nul passeport religieux n’est exigé. Le piéton à gros mollets se dirigera plutôt vers des étapes montagnardes, genre « Tour du Mont-Blanc ». Au plaisir un peu vaniteux de l’avoir fait s’ajoutera celui d’accéder pour soi-seul à des paysages somptueux ouverts à 360 °.

De retour dans la vallée, le piéton devra affronter, sans déclaration de guerre préalable, un autre ennemi : la voiture. Fort de ses 120 chevaux sous le capot, l’automobiliste ne peut admettre d’être bloqué par un type qui n’a que 2 jambes. Pour lui faire payer ce déni de lèse-voiture, il va lui raser les fesses dans le dernier mètre du passage piéton, ravi de son « exploit ».

Il y aura une petite revanche lorsque, vaincu par la pente, le cycliste, piéton intérimaire, a mis pied à terre. Et là, il peut jouir, en silence mais à zygomatiques déployés, de l’automobiliste en panne, qui cherche à gagner, « pedibus cum jambis » la borne salvatrice où déplorer son malheur. Le comble du réjoui, malheureusement en voie de disparition : quand ce piéton impromptu, le bidon à la main, cherche à gagner une proche station-service.

Certes, petit piéton deviendra grand, et vieux. Après avoir expérimenté toutes les acrobaties qui permettaient d’aller plus vite, il est ravi que lui reste la fidèle marche à pied. Eventuellement muni d’une canne, son tour ne comptera guerre plus de pas que ce qu’on lui avait prescrit au 1er confinement. Mais il peut le faire chaque jour, sans risquer d’être interrompu par un S.M.S. intempestif.

 

15:50 Publié dans Sport | Lien permanent | Commentaires (0)