11/01/2025
La mauvaise herbe repousse toujours
On ne pouvait pas rater cette semaine le décès très salué de Jean-Marie Le Pen qui a provoqué quelques larmes au R.N. et beaucoup de pages dans les medias. Il est assez habituel que lorsqu’un homme vilipendé de son vivant s’éteint, on lui trouve après son décès une sorte de reconnaissance tardive. Nos présidents par exemple dans une fin de mandat peu reluisante en ont profité. Le passif de Le Pen devait être trop lourd pour bénéficier de ce retour en grace. On s’est souvent contenté d’évoquer l’héritière qui continuera de masquer les fondamentaux du parti sous le nouveau costume du R.N.
Pour essayer de désengorger ma mémoire en mode passoire je balance beaucoup d’éléments quotidiens dans une sorte de cloud cervical. Bien sûr quand je parts à leur recherche le cloud est on ne peut plus nuageux et m’empêche de retrouver mes petits. Pourtant, mis à part les indéracinables 800 pour Charlemagne et 1515 pour Marignan, je vois très bien ce qui nous préoccupait dans les années 50 à 60.
Jeunes étudiants sur le point de partir à l’armée, donc probablement en Algérie, on feuilletait maladivement Témoignage chrétien qui nous apprenait ce qu’était ce qu’on n’appelait pas alors la guerre et comment se comportait l’armée française là-bas. Dans la bande de furibards qui sévissait surtout à Alger, un lieutenant borgne commençait de réunir les matériaux de ce qu’il allait fonder bientôt : le F.N.
Je répugne assez à tirer sur les ambulances et donc encore moins sur les cercueils. Je n’ajouterai donc pas ma ration de hargne sur les turpitudes du sieur Le Pen. Par contre je m’interroge sur le succès grandissant de ce qu’il a fondé. Pourquoi ceux qui s’estiment oubliés, voire méprisés, ne voient pas d’autre refuge que d’être dans ce parti.
Et la fracture entre ces gens à petits salaires, horaires souvent hachés ne fait que s’agrandir entre eux et de simples CSP + pas même les milliardaires qu’ils ne connaissent qu’à la télé. Et ça commence très tôt, dès l’enfance. Un récent article du Monde décrivait très bien le raté de ce qu’aurait dû être l’école pour rétablir un peu d’égalité des chances. Et les petits diplômes des petits lycées voient s’éloigner d’eux les bons diplômes des bons lycées. C’est par là qu’il faudrait commencer. Vaste programme aurait dit De Gaulle ! On ne voit pas chez ses successeurs une grande stature qui pourrait s’y coller.
Pour ne pas vous laisser dans la tristesse, l’autre nouvelle de la semaine va vous divertir. Le sélectionneur de l’équipe de France de foot, Didier Deschamps démissionne de son poste. On parle de Zidane pour lui succéder. En voilà une nouvelle qui va vous dérider les zygomatiques !
ce qu’il allait construire
15:46 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (1)
04/01/2025
Bonne année, pourqoi pas ?
Je trouve le rituel qui consiste à adresser des souhaits de bonne année chaque 31 décembre plutôt sympathique. Comme je ne suis pas le pape, je n’enverrai pas mes vœux de bonne santé et de paix urbi et orbi. Je m’en tiendrai à mes fidèles lecteurs à qui je souhaite de garder de bons yeux pour lire et regarder tout ce qui nous entoure. Je leur souhaite aussi de garder l’esprit de tolérance qui leur fait supporter sans sourciller mes foucades épistolaires pas toujours compréhensibles.
En réalité c’est plus que de la tolérance dont on aura besoin à l’aube de cette nouvelle année. On peut penser que le patriarche Kiril a souhaité à son paroissien Vladimir de ne pas se tromper dans toutes les sortes de bombes qu’il envoie. Les durs autour de Netanyahou lui auront témoigné leur soutien pour continuer à narguer la CPI en attendant de comparaitre chez lui. Les évangélistes américains ont prié fort pour que leur héros Trump commence un règne aussi glorieux qu’il le promet.
L’équipe de notre 1er ministre, qui on le sait ne passera pas l’hiver, lui a sûrement souhaité un bon retour à Pau, « plein d’usage et raison ». Déjà chez les romains, après les soucis, il fallait manger d’abondance. Le réveillon sert maintenant d’exutoire. Je me souviens qu’étudiant à Paris, j’étais ébahi dans cette fameuse semaine par chaque bistrot dont les vitrines étaient barbouillées de menus plantureux. Des menus plus riches encore aujourd’hui mais offerts sur internet ou QR code sans barbouiller ses vitres.
La nourriture s’’est aussi démultipliée pour offrir à Noel des fruits muris dans l’autre hémisphère ou un autre continent. Pour digérer ces merveilles, il faut des nectars de bonne venue à ingérer jusqu’à plus soif ! Attention : le Retailleau nouveau s’était engagé à une chasse record sur les fêtards avinés. Au résultat ceux-là sont passé au travers mais plus de 200 voitures brulées de plus qu’en 2023 et les interpelés l’ont été pour des mortiers de feux d’artifice. Avec 90000 gendarmes et policiers seulement on ne peut pas tout faire.
A l’abri dans notre maison, on aurait pu s’offrir toutes les licences. Mais le coin de garage qui sert de cave est assez squelettique et ne connait nulle boisson à bulles. Surtout à notre âge, l’estomac plus que la sagesse ne va pas bien avec les excès de table. Dans une sorte de duo romantique nous avons fait un réveillon frugal sublimé quand même d’une ultime bouteille de Jura.
L’esprit tout à fait libéré nous nous sommes souhaité de traverser cahin-caha mais sereins cette nouvelle étape. Nous avons souhaité pour nos proches qu’ils gardent l’énergie et le dynamisme qu’ils nous montrent. Souhaité aussi qu’il puisse leur arriver de bonnes surprises, eux à qui il reste encore beaucoup d’autres années pour les savourer.
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28/12/2024
Des brins de soleil dans l'hiver de mon âge
Dans ces temps de fêtes, largement teintés de mélancolie, on entend à journées faites l’expression : « il ne passera pas l’hiver ». A nos âges, ce mantra incessamment ressassé interroge.
Ayant passé sans dommage les froidures et vaincu la neige, nous passerons probablement cet hiver-ci. Mais quid de celui de 2025, de 2026 ? Et surtout de 2027 où au printemps, si on n’a pas élu la faiseuse de rois, quelle personnalité imprévue aura décroché la timbale ? Pour se désembuer de ces pensées un peu funèbres il faut s’arrêter sur quelques pensées heureuses.
Et d’abord, après avoir échangé avec quelques veuves amies, se féliciter de vivre encore à deux. Chacun avec des pointillés de faiblesse est encore capable d’aider l’autre et réciproquement. Et nous avons des enfants plein d’affection pour nous.
Lors de l’A.V.C. de mon épouse, tout le monde était immédiatement sur le pont prêt à participer à la gestion nécessaire. Ils ont même commencé d’élaborer des stratégies pour gérer l’après. Et cela fait sûrement partie des facteurs de guérison.
Comme le dit ce curieux verbe intransitif, ils nous prolongent. Ils nous emmènent vers des territoires imprévus. L’un nous fait essayer le pique-nique nocturne à la lumière des réverbères. L’autre nous montre qu’on peut frôler des afghans avec un camping-car. On n’a pas besoin de surprises pour notre fête, on a des surprises quasiment toute l’année
Nous avons aussi la chance que 2 de nos petits-enfants soient à Grenoble. Outre les bouffées de jeunesse qu’ils nous prodiguent et l’affection qu’ils nous témoignent, sur ces machins modernes ils nous ouvrent souvent des portes qui, sans eux, resteraient « closed ».
Dans ce pays enfin, souvent agité de soubresauts chaotiques, on a la chance par exemple de pouvoir bénéficier de l’hôpital gratuitement surtout si c’est grave. La chance aussi de ne pas être américain en 2025 où Trump et son âme damnée pensent installer les bitcoins en monnaie nationale. Comment pourrais-je chaque matin, tel harpagon, compter un à un les euros de ma somptueuse retraite ?
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