31/01/2026
Est-ce qu'on peut oublier sa langue maternelle ?
Cela ne restera probablement pas dans leur mémoire comme un fait historique mais nos 2 arrière-petits-enfants avaient la chance dimanche d’avoir leurs 2 arrières grands- mères ensemble. Cela égrenait pour moi le chapelet de mères qui aboutissait à ces 2 gamins. Et la place irremplaçable, trop estompée, que tient une mère dans une vie.
Nul besoin de rappeler les 9 mois de grossesse ou les seins nourriciers pour constater que la place de la mère est prépondérante dans les 1ères semaines, ou mois de l’enfant. Si les parts s’équilibrent ensuite entre les parents, l’emprunte de la mère demeure importante. Oublie-t-on jamais sa langue maternelle.
Et ça peut se poursuivre longtemps. Cette chanteuse racontait qu’elle devait son métier à sa mère qui chantait tout le temps. Ce sont aussi ces chefs galonnés qui expliquent certaines tournures de cuisine léguées par leur mère, sublimées ensuite par le porteur d’étoiles.
En oubliant les « fils de », les « filles de » qui ne connaissent pas toujours le succès de leur glorieux parent, cette heureuse transmission est parfois contrecarrée. On interviewait ainsi une femme qui exerçait le métier de chauffeur-routier dont la mère avait espéré un destin de danseuse. Elle ajoutait que sa mère avait adopté ce drôle de métier féminin avec le sourire.
J’étais aussi contrariant même si les vues de ma mère sur mon avenir après le séminaire sont imprécises. En pension très tôt j’ai échappé en partie à l’influence de mes parents. J’ai retenu de mon père qu’en tapant sur la pointe du clou, on ne fait pas éclater le bois quand on le plante. Absent, ma mère m’a peu initié à la cuisine mais à la tenue à table et à celle d’un budget.
J’ai compris vite par contre qu’elle faisait partie de la cohorte des femmes mariées à un fonctionnaire, en l’occurrence de la S.N.C.F. qui doivent suivre ses mutations et sur qui retombe la logistique, avant, pendant, après, du déménagement. On plaint les chers petits qui vont changer d’école. Est-ce qu’on plaint les mères qui reconstruisent toute une vie ailleurs ?
Il est courant de brocarder les belles-mères qui ne le méritent généralement pas. Nous avons beaucoup occupé la grande propriété des beaux parents. Mon beau-père m’a appris à faucher à la faux, don utile mais peu exploité. Ma belle-mère m’a conseillé pour les tartes. Surtout elle a transmis à sa fille un truc. Quand elle fait un « matafan » comme maman, on sait qu’il aura une saveur particulière que les copies talentueuses ne pourront pas concurrencer.
Avec la « Fête des mères » la société pensait avoir fait le boulot. Une idée colonisée par le marketing qui en fait la fête de la consommation. Et suivent la fête des pères, des grands-mères, des grands-pères. J’imagine l’attente fiévreuse de mon épouse de la fête des arrières grands-mères. Heureusement il reste 364 jours par an pour montrer son affection, ses attention, ses cadeaux et dire que notre mère tient toute sa place dans notre cœur.
09:27 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (1)
17/01/2026
Et si on parlait d'autre chose
En tant que citoyen français je ne suis pas « impacté » comme on dit par les calembredaines de Trump mais en piétinant toute la planète, ce grand dérangé a réussi à ce que tout le monde parle de lui en guettant sa prochaine foucade. Il a surtout fractionné l’Amérique en 2 clans irréconciliables et exporté ce laisser-faire sans foi ni loi un peu partout, y compris chez nous : le « trumpisme »
Mais depuis Vercingétorix, chez les gaulois, on résiste aux invasions et aux ukases. On va probablement élire en 2027 le jeune apprenti en politique qui a fait des progrès sur la forme mais reste faible sur le fond. Supposons – c’est l’époque des vœux- que les législatives, par remord, lui flanquent un 1er ministre du bord contraire et on a la cohabitation. Depuis Chirac et Jospin on a rarement eu meilleure gouvernance. Et dans la foulée un nouveau Jospin à l’Education Nationale qui pousserait les élèves à penser par eux-mêmes et non par smartphone.
Le procès en appel de Marine Le Pen a débuté cette semaine. Cela signifie que notre pays respecte la justice et que malgré les criailleries les juges, qu’on ne va pas virer, vont juger sur des faits et selon la loi. A cette occasion on s’amuse du duel à fleurets très mouchetés entre les 2 champions. Le jeune ne manque pas de dire que la place de candidat est pour l’ancienne si le jugement le permet. Mais on décèle facilement à quel point il frétille de l’envie d’être le candidat. Ces deux-là ne nous donnent pas trop souvent l’occasion de rigoler.
Un petit moment d’émotion a frappé mon épouse en apprenant, après tous les préparatifs, que son opération était reportée début mars à cause de la grève des médecins. Vite dépassé parce qu’elle bénéficie d’un peu de temps pour retrouver une meilleure forme. Surtout on fait partie des gens qui font toute confiance aux médecins. On ne risque pas de rejoindre la cohorte des grippés non vaccinés qui encombrent l’hôpital chaque année.
J’ai signé avec conviction la pétition pour l’arrêt de « Data One » , le super calculateur dédié à l’I.A. près de chez nous. Pas tellement parce qu’il est prévu sur notre commune, pas trop consultée. Mais parce que c’est un énorme machin dont la consommation d’électricité équivaut à 37% de celle de la métropole et l’eau en proportion. Epine sur le gâteau : la Société qui porte ce projet est au Luxembourg. Elle nous laisse les embarras mais pas les impôts. De quoi s’interroger : Avons-nous vraiment besoin de l’I.A.
En qualité de membre patenté de la confrérie des vieux, mon fils m’a fait connaitre une revue dédiée sobrement intitulée Vieux. Parmi de belles signatures on trouve Antoine de Caunes ou Charlebois et tous expriment comment on fait d’un ennui un plaisir. Tous racontent une vieillesse plaisante, voire primesautière. De quoi être heureux d’en faire partie.
10:37 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (1)
03/01/2026
Presque une bonne année
Nous venons de passer le cap d’une nouvelle année que nous espérons évidemment meilleure que celle écoulée. On soutient cet espoir par des vœux. Plus révolutionnaire du tout, je me soumets à ce rite. Pas en direction des malheurs du monde avec des vœux qu’on sait inutiles en les écrivant. Mais des vœux à portée de main en quelque sorte.
Par exemple pour ces petites mains, plus souvent caissières que caissiers, avec leur petit, parfois moins petit, SMIC mensuel, qui ont vu défiler sur leur tapis les provisions pantagruéliques d’un réveillon somptueux. On peut leur souhaiter quelques euros de plus en 2026, voire une meilleure position chez un concurrent.
On peut avoir une pensée aussi pour ces autres petites mains qui, comme les autres nuits, ont assuré le 31 décembre leur faction dans les transports, dans les hôpitaux, dans les trains de nuit. Souhaitons-leur que le tour de service de 2026 leur donne un repos le 31 décembre pour réveillonner avec la famille. En espérant que l’année suivante un robot n’ait pas pris leur place.
Je sympathise au moins virtuellement avec le malheureux ou la malheureuse qui vient d’entrer dans son EHPAD, pas vraiment de son plein gré et qui redoute de voir s’élever le mur de la solitude. Je souhaite à ces malheureux qu’à défaut de quelques visites espacées de proches, ils trouvent dans l’établissement l’infirmière ou l’animatrice qui leur arrachera un sourire.
Je comprends la tristesse de parents qui ont fait un gros effort pour offrir à Noel le cadeau qu’ils croyaient convoité par leur gamin. Et qui voient le chéri jeter un tout petit regard sur l’objet en s’intéressant vivement au cadeau de la tante Machin, ridicule à leurs yeux. Je leur souhaite de renoncer aux représailles même douces et de réfléchir à un choix douteux de type tante Machin pour l’an prochain. Et de ne pas l’inviter, c’est plus sûr.
Je ne voudrais pas quitter les histoires de famille sans penser à la mienne. Je souhaite aux jeunes, selon la formule consacrée, de grandir en âge et en sagesse, aux moins jeunes de garder de l’énergie pour aller au boulot avec le sourire et à ceux qui ont droit à la carte senior d’avoir assez de punch pour réaliser leurs projets même aventureux. A mon épouse un genou bien réparé qui la pousse à vouloir cavaler par monts et par vaux.
P.S. J’ai renoncé à émettre des vœux désagréables à tous les malfaisants de la terre. Je souhaiterais quand même un petit incendie ou une explosion de machine dans le labo qui prétend remplacer notre bon chocolat de toujours par un ersatz de sa composition. Et pourquoi pas l’an prochain le beurre, voire le Comté chimiques ?
10:06 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (1)


