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26/06/2026

Chère Léocadie (3)

C’est une expression qu’on entend beaucoup en bas et qui n’est pas parvenue dans tes montagnes : « summer body ». Tu n’as pas besoin d’être « fluent » en anglais pour comprendre, même à Billey ou Moiron on comprend qu’il s’agit du corps en été.  Et qu’est-ce qu’il a le corps en été ? Il a tendance à oublier les chemises boutonnées, les jeans serrés, bref à se dénuder. Ce que dit bien l’autre expression « beach-body ». En maillot sur la plage on voudrait présenter un corps sous le meilleur jour, en tous cas différent de l’image que renvoie la glace au sortir de la douche.

Un constat qui va signifier haro sur internet pour dénicher des recettes ou la potion  magique capable de lisser les plus et de regonfler les moins. Ceux qui ne sont pas désespérés de muscles avachis guignent les salles  débordantes d’offres  d’appareils nouveaux, d’horaires étendus, qui font rêver à Apollon. Paradoxalement, notre salle du mardi se vide de ses retraités. En été est venu le temps des petits-enfants en vacances avant celles des parents. Le seul souci du corps des petits jeunes est de le rendre en bon état à l’arrivée des  parents.

On peut se demander à quoi peut bien servir cette débauche d’efforts pour 3 maigres semaines de démonstration supposées avantageuses. On pourra espérer donner quelques aperçus au bureau avec un col très échancré  et une jupe très courte. Mais c’est juste la bande-annonce, pas le film.

Tout ce bel exercice, c’est sacrifier à la dérive du moment, l’apparence. Une belle  démonstration est donnée par le Président américain (encore lui, désolé) qui vient signer un accord décrit comme nul même par ses partisans et déjà lacéré, mais sous les ors de Versailles. La mise en scène tient lieu de réalité.

Pourquoi se sent-on obligé quand on atteint une certaine visibilité sociale, de s’afficher avec une célébrité ? Le Président d’un parti qui se veut  le porte-parole  des pauvres et des sans-voix s’affiche avec une princesse. Enumérer dans l’ordre toutes les pièces de son titre peut constituer un bon test de mémoire mais il ne guérit pas de l’addiction à l’apparence.

Dans tes pérégrinations montagnardes tu vois sans doute quelquefois dans les vasques remplies par la neige fondue un randonneur. Il offre  à la fraicheur de l’eau et à  tes yeux offusqués un corps dans sa simplicité originelle. Se réclamant peut-être de l’esprit naturiste, sans estomper des bourrelets disgracieux, il veut dire que son apparence n’est  pas trompeuse.

Le vrai défi à l’apparence m’a été donné dans le bus qui me ramenait à la maison. Rempli de dames de retour du marché avec leurs sacs débordants de légumes. Sous la canicule, drapées dans un costume qui les couvrait du haut de la tête au bas des chevilles. Peu préoccupées  par leur apparence, elles semblaient plutôt soucieuses, il était 11H30, du proche repas à préparer. Aussi bien, ce costume unique porté hiver comme été peut être considéré, comme certains pneus, « 4 saisons »

 

09:29 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (0)

31/05/2026

"Punaise" mot fétiche de notre petite fille (par alliance) quand les choses montent en mayonnaise

Le climat, plus déréglé que jamais, nous a joué un bon tour. En mobilisant tous les canaux de communications une semaine, il nous a épargné les foucades malencontreuses du président américain. En effet, il a fait fort (le climat) en servant des températures caniculaires au mois de Mai. Et sur toute la France, comme nous l’assénaient les commentateurs.

Qui ont quand même jugé bon de nous faire un traitement spécial pour Paris. Champion là aussi, il méritait peut-être ce développement. Il importait sans doute que la province sache qu’un parisien ne peut pas avoir chaud comme n’importe qui, un jurassien par exemple plus habitué au froid.

Autre vedette médiatique des coups de chaud : les vieux. En EHPAD ou ailleurs, vont-ils survivre à cette agression ? Ont-ils de l’eau, la clim ? En tous cas, couchés tôt,  ils ont échappé aux débordements qui saluaient, oserai-je dire comme d’habitude, la victoire du P.S.G. Il n’est pas nécessaire d’être vieux comme moi pour ne pas comprendre que la joie de supposés supporters se traduise par des démolitions. Ni que la France doive se rengorger d’honneur pour un club bouffi d’argent, même pas français, mais qatari.

Dans ces démonstrations de jeunisme décérébré, les vieux pouvaient trouver  refuge dans un reportage sur Simone Veil. L’occasion de retrouver la vie mouvementée de cette rescapée des camps, pleine d’expérience et de sagesse qui lui a permis de défendre durement le projet de l’I.V.G. Dans la politique, qu’elle n’avait pas vraiment choisie, elle fut une grande voix. Aujourd’hui, on n’a plus de Simone Veil, on a des Retailleau.

Le thème de la revue « Vieux »  était pour ce trimestre le « lâchez prise ». Lecteur attentif, j’ai bien compris qu’il ne fallait pas laisser mon cerveau s’encombrer des manifestations post-sportives stupides comme de la panne du sèche-cheveu. Plutôt le laisser incuber de la sagesse de grandes voix politiques, sociales ou morales. Est-ce bien nécessaire d’être vieux pour se livrer à cet exercice.

La semaine se concluait aussi par la Fête des mères. Une fête gentille certes polluée par le consumérisme. Mais les mères qui ont reçu un témoignage gratuit d’affection de leurs enfants, jeunes ou moins jeunes, ont apprécié cette tradition.  

16:57 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (1)

14/05/2026

Je m'énerve un peu

Dans ce titre j’ai écrit « un peu » eu égard au côté pondéré qu’on me prête, mais l’expression est  faible par rapport à ce que j’endure quotidiennement. Sont vraiment hors-cadre les 2 guerriers impénitents dont les raisons d’énervement feraient exploser mon quota d’exaspération.  C’est en fait mon petit quotidien qui m’en fournit sans cesse des occasions.

Et cela commence avec Google qui devrait être déjà satisfait d’offrir un passage obligé pour toute requête. Pour me gaver il me propose une nouvelle fonction, fabriquée  I.A. bien sûr, qui me fournirait des réponses plus rapides. Quand je lui demande quelque chose, je ne déclenche pas mon chronomètre, d’ailleurs sans dixièmes de secondes, pour mesurer le temps de réponse. Au reste, je suis retraité, que diable !

Une autre démangeaison me vient du CESU. Pourtant une bonne idée. D’abord pour sécuriser les bénéficiaires et permettre à ces petits travailleurs de faire quelques sous, voire quelques points de retraite. A l’entrée déjà grillagée avec identifiant et mot de passe, on avait ajouté l’habituel S.M.S d’identification. On me prévient que cette semaine je devrai  adopter une double identification avec un mode d’emploi  détaillé sur 2 pages..  Bel exercice pour malvoyant ! Pourquoi obliger « l’employeur » à un tel périple pour donner ses sous ? De crainte peut-être que je me fasse passer pour Marine Le Pen, et pour faire quoi ?

Certains de mes très proches ont banni la télé. Mon grand âge m’autorise à la garder mais elle me déçoit. Assez hypocrites les présentateurs-trices nous tireraient des larmes  tant semble forte leur compassion vis-à-vis des nombreux malheureux. Des vrais chantres de gauche. Cela ne les empêche pas de recevoir souvent les pontes de la droite extrême pour des échanges, certes pas de copinage, mais assez bienveillants. Du reste leurs conjoins ou conjointes sont généralement issus du haut du panier.

Ils ont quand même relayé le projet de Vancouver, cette ville qu’on a connue séduisante de liberté. Elle envisage d’évacuer les sans-logis, les mendiants pour les matches de Coupe du monde de foot prévus dans cette ville. Ce serait probablement offenser la vue des heureux supporters à 10000 $ le billet. Malgré les flagorneries d’Infantino, patron de la FIFA, cette Coupe est l’affaire de Trump et les prix s’en ressentent.

J’ai perdu des raisons de m’énerver en apprenant la prochaine sortie de mon épouse du Centre Médical. Après diverses étapes semblables, fin du service militaire, retraite, nous allons inaugurer une nouvelle vie à deux avec des personnalités  mutantes, moi nanti d’un diplôme de ménagère au foyer et mon épouse dotée d’un genou remis à neuf. Après tout c’est ce genou qui nous a valu toutes ces péripéties médicales. Notre nouvelle vie qui pourrait durer  par l’exemple donné à mon épouse par cette dame de 99 ans et 9 mois dont leur kiné constatait à quel point elle demeurait alerte.   

 

  

15:16 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (0)