Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

23/05/2019

redondance

J’évoquais encore récemment la perte, bien lointaine, de mon dernier cheveu noir (ou blanc d’ailleurs l’alopécie n’étant pas raciste). Ce qui ne signait pas un bulletin de santé de prime jeunesse. Je vous entends maugréer avec les histoires de vieux. Ils ne savent parler que de ça et de leurs maladies.

J’aimerais m’en dispenser mais ce sont les autres qui m’y ramènent en soulignant cet état avec d’ailleurs une bienveillance appuyée. Ainsi j’ai sursauté la 1ère fois qu’un ou une m’a proposé sa place assise dans le bus. A croire que ma silhouette réclamait sans doute urgemment qu’on lui procure une position plus adéquate !

Je viens d’avoir une resucée de cette bienveillance parfois pesante. Alors que je cherchais à payer ma baguette, la jeune serveuse est venue grapiller dans ma main les pièces voulues pour un compte obtenu plus sûrement et plus vite. Je l’entends d’ici raconter l’histoire à son copain le soir : « Y’avait un vieux à la boulangerie qui voulait me payer ; j’ai choisi les pièces dans sa main, sinon, on y serait encore ! »

Même mes proches entament de subtiles manœuvres de contournement pour pallier mes présumées faiblesses. Je crois que j’ai encore la capacité de conduire notre voiture. Pourtant depuis peu, mon épouse, de 2 ans seulement ma cadette, sous le prétexte de mon dos, de mon bras, accapare souvent le  volant. Je vois bien qu’elle se sent mieux avec  sa conduite qu’avec la mienne.

Même mon fils, qui n’est pas censé me surveiller à vélo où je compte sur lui quelques bons milliers d’heures de selle supplémentaires s’y est mis. Au prétexte que je n’avais pas choisi la bonne piste dans un espace à peine moins grand que la Concorde, il suggérait que ce pédaleur, moi, si on n’y prend garde, est bien capable de prendre une bretelle de piste cyclable à contre-sens. Ce n’était pas exactement ses termes, mais bien le souci.

Malgré les égratignures que cela fait à mon ego, assez satisfait de lui en général, je ne peux pas éviter le constat : j’appartiens désormais à la catégorie nommée hypocritement des « personnes d’âge ». Etre vieux en revanche  suscite beaucoup de sollicitude.  C’est pourquoi, au lieu de se lancer dans les chères pilules ou les régimes drastiques pour retarder les atteintes de l’âge, laissons-nous filer, peinards, vers la vieillesse. On voit que ça a du bon !

16:32 Publié dans santé | Lien permanent | Commentaires (0)

16/05/2019

J'avais 12 ans

Au cours d’une recherche un peu erratique dans ma bibli, je suis tombé sur ce Jean-Louis Fournier : « Mon dernier cheveu noir ». Faute d’une fouille dans mon passé capillaire, je ne peux dater pour moi  ce même évènement. Par contre, comme pour lui, cela m’a renvoyé à mon enfance lorsque  j’étais un peu joufflu et pourvu d’ une abondante crinière noire.

Et tout particulièrement à mon entrée au petit séminaire de Vaux sur Poligny. Muni pour tout viatique des paroles du vicaire qui avait emporté l’affaire dans mon dos avec ma mère : « Tu verras, il y a une jolie rivière, la Glantine, et tu auras un beau missel », je m’attendais quand même à quelques changements.

Dont celui des cours. Venant d’une 6ème « moderne », avec maths, physique et Anglais, j’allais m’en payer une autre avec l’incontournable trilogie français-latin-grec et allemand. Mais pas vraiment le nouvel emploi du temps du type goulag ! Levés à 5h15, suivi immédiatement du « décrassage » dans la cour, en chemise, pull interdit. Dans ces régions, au petit matin il peut faire des -10 à -12°. Après de rapides ablutions au dortoir, c’est la méditation, suivie d’une étude, puis de la messe, ce qui nous mettait au petit déjeuner vers 8 heures.

Quand j’évoque cela devant de jeunes générations, j’ai une petite attention polie, mais plus souvent un sourcil interrogateur : « Mais qu’est-ce que vous pouviez bien aller faire dans cette galère ? » Question sans réponse. Les p’tits jeunes ne peuvent pas savoir que ces drôles de rythmes sont l’armature du bati d’un inaltérable jurassien fait pour durer.

Ils ne se doutent pas non plus des milliers d’histoires qui pourraient émailler de longues veillées. Par exemple celle-ci, rare et donc extraordinaire, de l’envoi en vacances pour 3 semaines à la venue d’une épidémie d’oreillons pour éviter la pandémie totale. Assortie de la part de la sœur-infirmière, faisant allusion aux dommages irréparables que peut faire cette maladie aux testicules, : «  Pour vous, prêtres, ça n’a pas d’importance ! »

Ce qui nous faisait bien rire à l’époque. On en rirait moins aujourd’hui, constatant que les bourses de certains clercs n’ont apparemment pas connu de sévères attaques des oreillons.

10:30 Publié dans santé | Lien permanent | Commentaires (2)

09/05/2019

Abondance de paroles jamais ne sera nourriture (proverbe malgache)

Revenant d’une rando à vélo, les yeux éblouis pleins de souvenirs de paysages de gorges somptueuses ou de cette grotte Chauvet merveilleusement reconstruite ou des échanges croquignolets des 4 générations présentes, je ne me sens pas capable de les exprimer à la hauteur voulue. Je n’ai plus qu’à revenir vers un quotidien  fadasse plus à ma portée.

Réveillé pourtant ce matin par cette curiosité : pour 40% de votants attendus, on compte 33 listes aux européennes. Certes pas toutes fanatiques du destin européen. Ne serait-ce que les présumées 2 premières très occupées à rejouer la revanche de la présidentielle. Et il faut bien tout le brouhaha médiatique pour que le demi-point qui les séparerait soit considéré comme l’enjeu majeur de l’élection.

Dans le capharnaüm annoncé, les partis de gauche ont joué leur partition habituelle : le fake-puzzle. Soit des pièces disséminées partout et il faut absolument éviter que l’une s’emboite avec une autre. Si par hasard cela se produisait, au vu des échanges vipérins qui ont précédé, l’allure du tableau ainsi réalisé serait d’un piètre goût.

Ces milliers de gilets jaunes qui ont réussi à perturber le fonctionnement de l’état se devaient d’être là. A leur façon : avec 3 listes irréconciliables. De ce qu’on avait pu saisir sur les ronds-points, il n’émanait pas de leurs discussions  un ardent souci de restaurer l’Europe.

Cette élection a le don  de faire surgir un certain nombre de candidats-clowns. Ils sont rejoints cette fois-ci par de nouveaux artistes tels que le « parti animaliste » ou le « parti pirate ». Malgré son côté folklorique, la liste « esperanto » a du moins une coloration qui pourrait être européenne.

Ces européennes nous offrent une autre bizarrerie. Alors qu’à la création de l’Europe, on voulait cimenter la paix entre les nations, c’est maintenant dans chaque nation qu’elle provoque la guerre !

10:16 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (0)