14/02/2026
Seule maintenant, vraiment ?
J’étais un peu en peine cette semaine. Les grands dérangés de la planète n’avaient pas ajouté une nouvelle frasque à leur paquet déjà volumineux. Les propriétaires de chiens ou de voiture ne nous avaient pas offert une de leurs griffures ordinaires pour me titiller l’humeur et entamer un blog. Cela m’est vite revenu. L’évènement, nous y étions ; la cérémonie du décès de Madjid.
On s’était interrogé sur notre participation. Mais l’organisation de notre fille et de son chauffeur de mari nous ont donné de quoi oublier momentanément notre vacillante quiétude pour parvenir au Crématorium à Besançon. Dans cette salle, par rapport à une expérience récente, pleine de bruit et de drapeaux, on a été frappé par une atmosphère de calme presque de douceur. Le maitre de cérémonie, par son attitude empathique, aurait fait oublier qu’il faisait son métier.
On est tout de suite étonné du grand nombre de personnes présentes indiquant qu’à Besançon Madjid n’est- pas passé inaperçu. Pour ce fou de musique, l’hommage a commencé par une chanson de ce « pâtre grec » venu lui aussi d’ailleurs. Puis une nièce, malgré de grands moments d’émotion, a retracé l’arrivée de ce drôle de méditerranéen dans une famille de Moiron et comment s’étaient acclimatées les 2 cultures.
D’autres hommages sont venus des nombreux participants montrant l’étendue du rayonnement de Madjid sur plein de domaines en plus du handicap. On ressentait la forte émotion qu’il provoquait chez chacun. Une émotion pleine de dignité qu’ils montraient en allant jeter leur pétale de rose sur le cercueil avant son retrait.
On avait la chance de pouvoir faire plus ample connaissance avec eux dans ce plaisant salon ouvert avant la dispersion vers les voitures. Dans des échanges pas encore enjoués on pouvait comprendre ce qui avait lié ces personnes à Madjid, de l’ami médecin à l’adjoint de création artistique.
Annie et ses enfants avaient prévu le lendemain un brunch, à vrai dire plutôt royal. Les échanges de souvenirs ponctués de photos rassemblaient tous ces groupes, dont la tribu complète de la sœur grenobloise, pour dire à Annie qu’eux aussi gardaient Madjid dans leur cœur.
18:27 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)
03/02/2026
Madjid
Ce post va prendre une couleur grise parce que Madjid, ce grand gaillard plein d’énergie, nous a quitté fin de semaine dernière. Plutôt que raconter sa vie, connue de tous, l’épopée des valises, celle du cinéma, je vais grappiller des moments heureux passés avec Madjid dans notre déjà longue fréquentation. Et ce qui m’a réjoui parlera sans doute à tous.
La 1ère image est à Moiron, plus exactement à Macorney où j’avais repéré des rochers équipés pour l’escalade. Un peu escaladeur à l’époque j’avais pensé initier Madjid à ce sport. Dans la 1ère voie, la technique n’y était pas mais Madjid montrait une telle énergie, une telle force sur ce qu’il agrippait que les pitons menaçaient de sauter.
Encore dans le sport, cette fois à Eybens. J’avais emmené Madjid sur un de mes tours vélo. Il a avalé la montée à Uriage comme un bolide. Mais la redescente du plateau « à fond les ballons » me montrait un cycliste enthousiaste sur sa machine et dépourvu d’appréhension.
Nous avons revu Madjid à Eybens pour « Le Dérangé », la pièce qu’il avait composée et que sa bande venait jouer à Grenoble. Son collègue grenoblois n’avait pas rameuté les foules mais ceux qui étaient présents se sont régalés de ce spectacle mi-arabe, mi-français plein de fraicheur et d’humour. Pour se décontracter, la troupe voulait aller dans une boite du plateau. Refoulés ils ont fait semblant de croire que l’importance du groupe non-prévenu en était la cause. Rapatriés à la maison, ils nous ont donné quasiment une pièce improvisée.
La maladie est arrivée sur un Madjid qui a décidé aussitôt : tu ne m’auras pas. Et ça a débuté à la maison : portes coulissantes, ascenseur, et même des bacs à hauteur de
Ce post va prendre une couleur grise parce que Madjid, ce grand gaillard plein d’énergie, nous a quitté fin de semaine dernière. Plutôt que raconter sa vie, connue de tous, l’épopée des valises, celle du cinéma, je vais grappiller des moments heureux passés avec Madjid dans notre déjà longue fréquentation. Et ce qui m’a réjoui parlera sans doute à tous.
La 1ère image est à Moiron, plus exactement à Macorney où j’avais repéré des rochers équipés pour l’escalade. Un peu escaladeur à l’époque j’avais pensé initier Madjid à ce sport. Dans la 1ère voie, la technique n’y était pas mais Madjid montrait une telle énergie, une telle force sur ce qu’il agrippait que les pitons menaçaient de sauter.
Encore dans le sport, cette fois à Eybens. J’avais emmené Madjid sur un de mes tours vélo. Il a avalé la montée à Uriage comme un bolide. Mais la redescente du plateau « à fond les ballons » me montrait un cycliste enthousiaste sur sa machine et dépourvu d’appréhension.
Nous avons revu Madjid à Eybens pour « Le Dérangé », la pièce qu’il avait composée et que sa bande venait jouer à Grenoble. Son collègue grenoblois n’avait pas rameuté les foules mais ceux qui étaient présents se sont régalés de ce spectacle mi-arabe, mi-français plein de fraicheur et d’humour. Pour se décontracter, la troupe voulait aller dans une boite du plateau. Refoulés ils ont fait semblant de croire que l’importance du groupe non-prévenu en était la cause. Rapatriés à la maison, ils nous ont donné quasiment une pièce improvisée.
La maladie est arrivée sur un Madjid qui a décidé aussitôt : tu ne m’auras pas. Et ça a débuté à la maison : portes coulissantes, ascenseur, et même des bacs à hauteur de fauteuil au petit jardin. Je revois l’émerveillement de Madjid devant les 1ères figues mûres. Tout cela sous l’œil attentif de « ma biche ».
Sont arrivés aussi les appareils. Je revois Madjid nous faire les honneurs des hauts de Bregille avec son fauteuil super puissant. En qualité de cycliste, j’ai eu droit à une démonstration de son vélo de travail.
Madjid, c’est un fan de musique. Sans lui, comment aurais-je pu connaitre les déhanchements de Bob Brozman à la guitare. Pour Madjid, la musique se partage. Me voyant écouter la compilation qu’il avait réalisée d’auteurs divers : « je t’en fais une copie ». Aussitôt réalisée.
Je la passe régulièrement. Maintenant quand je la choisirai je mettrai sur la platine ces morceaux choisis par Madjid, copiés par Madjid avec un soin quasi religieux. Sur fond de mélodies, je verrai le sourire d’un homme heureux de faire plaisir
fauteuil au petit jardin. Je revois l’émerveillement de Madjid devant les 1ères figues mûres. Tout cela sous l’œil attentif de « ma biche ».
Sont arrivés aussi les appareils. Je revois Madjid nous faire les honneurs des hauts de Bregille avec son fauteuil super puissant. En qualité de cycliste, j’ai eu droit à une démonstration de son vélo de travail.
Madjid, c’est un fan de musique. Sans lui, comment aurais-je pu connaitre les déhanchements de Bob Brozman à la guitare. Pour Madjid, la musique se partage. Me voyant écouter la compilation qu’il avait réalisée d’auteurs divers : « je t’en fais une copie ». Aussitôt réalisée.
Je la passe régulièrement. Maintenant quand je la choisirai je mettrai sur la platine ces morceaux choisis par Madjid, copiés par Madjid avec un soin quasi religieux. Sur fond de mélodies, je verrai le sourire d’un homme heureux de faire plaisir
15:14 Publié dans santé | Lien permanent | Commentaires (2)
31/01/2026
Est-ce qu'on peut oublier sa langue maternelle ?
Cela ne restera probablement pas dans leur mémoire comme un fait historique mais nos 2 arrière-petits-enfants avaient la chance dimanche d’avoir leurs 2 arrières grands- mères ensemble. Cela égrenait pour moi le chapelet de mères qui aboutissait à ces 2 gamins. Et la place irremplaçable, trop estompée, que tient une mère dans une vie.
Nul besoin de rappeler les 9 mois de grossesse ou les seins nourriciers pour constater que la place de la mère est prépondérante dans les 1ères semaines, ou mois de l’enfant. Si les parts s’équilibrent ensuite entre les parents, l’emprunte de la mère demeure importante. Oublie-t-on jamais sa langue maternelle.
Et ça peut se poursuivre longtemps. Cette chanteuse racontait qu’elle devait son métier à sa mère qui chantait tout le temps. Ce sont aussi ces chefs galonnés qui expliquent certaines tournures de cuisine léguées par leur mère, sublimées ensuite par le porteur d’étoiles.
En oubliant les « fils de », les « filles de » qui ne connaissent pas toujours le succès de leur glorieux parent, cette heureuse transmission est parfois contrecarrée. On interviewait ainsi une femme qui exerçait le métier de chauffeur-routier dont la mère avait espéré un destin de danseuse. Elle ajoutait que sa mère avait adopté ce drôle de métier féminin avec le sourire.
J’étais aussi contrariant même si les vues de ma mère sur mon avenir après le séminaire sont imprécises. En pension très tôt j’ai échappé en partie à l’influence de mes parents. J’ai retenu de mon père qu’en tapant sur la pointe du clou, on ne fait pas éclater le bois quand on le plante. Absent, ma mère m’a peu initié à la cuisine mais à la tenue à table et à celle d’un budget.
J’ai compris vite par contre qu’elle faisait partie de la cohorte des femmes mariées à un fonctionnaire, en l’occurrence de la S.N.C.F. qui doivent suivre ses mutations et sur qui retombe la logistique, avant, pendant, après, du déménagement. On plaint les chers petits qui vont changer d’école. Est-ce qu’on plaint les mères qui reconstruisent toute une vie ailleurs ?
Il est courant de brocarder les belles-mères qui ne le méritent généralement pas. Nous avons beaucoup occupé la grande propriété des beaux parents. Mon beau-père m’a appris à faucher à la faux, don utile mais peu exploité. Ma belle-mère m’a conseillé pour les tartes. Surtout elle a transmis à sa fille un truc. Quand elle fait un « matafan » comme maman, on sait qu’il aura une saveur particulière que les copies talentueuses ne pourront pas concurrencer.
Avec la « Fête des mères » la société pensait avoir fait le boulot. Une idée colonisée par le marketing qui en fait la fête de la consommation. Et suivent la fête des pères, des grands-mères, des grands-pères. J’imagine l’attente fiévreuse de mon épouse de la fête des arrières grands-mères. Heureusement il reste 364 jours par an pour montrer son affection, ses attention, ses cadeaux et dire que notre mère tient toute sa place dans notre cœur.
09:27 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (1)


