08/03/2025
Adieu veaux, vaches, cochons, couvées, camping-car
En fréquentant assez peu l’emplacement où stationnait autrefois notre camping-car, on ne souffrait pas beaucoup de son absence. Mais notre arrière-petit-fils, revenant d’une exploration des lieux, nous a asséné la dure vérité : « le camping-car n’est plus là » A vrai dire, l’absence du moyen de transport, ne nous avait pas privé de sommeil. Il avait eu droit à des stances dédiées, 2 fois répétées, et basta pour l’engin.
Mais son rappel réanimait des images d’endroits fréquentés de nombreuses fois. Depuis quelque temps les dossiers ou les documentaires font exprès de réveiller nos souvenirs. C’est un peu normal dans la mesure où nous avons parcouru tant de villes et villages dans nos périples même s’ils étaient généralement restreints à la France. Ces documents arrivent même à dénicher des coins perdus dont on avait cru être les Christophe Colomb.
Ils n’ont pas déniché nos dernières trouvailles. On est restés longtemps allergiques aux campings, fidèles à une certaine idée de l’indépendance. On y a pris goût sur le tard en appréciant le confort. Il y a souvent plus d’espace dans une cabine de douche de camping que dans celle du camping-car, plaisant constat pour nos vieux os. Et surtout on parle aux gens. Ceux qui sont là n’ont pas fréquenté le Georges-5 et l’échange est plutôt facile.
Pour nous éviter des remords trop proches la nouvelle propriétaire de l’engin a prévu un raid dans les confins de l’Afrique. Dans le même temps, le fils s’est envolé jusqu’au Japon, un beau pays sans doute, mais à 13 heures de vol de l’Europe. Ces nouveaux sexagénaires nous démontrent qu’ils passent leur retraite autrement que ceux du siècle dernier.
En tous cas ils nous apprennent plein de choses. Il faut d’abord nous débrouiller pour ne pas passer de vie à trépas dans ces deux mois, ce qui gênerait sérieusement le déroulement de leurs projets. Ils proposent mieux encore. On a toujours un cerveau, un peu de muscles, une voiture qui se faufile mieux qu’un camping-car. Pourquoi ne pas entreprendre la tournée de nos sites préférés ?
16:54 Publié dans Voyage | Lien permanent | Commentaires (1)
01/03/2025
Le Salon du tourisme agreste
Nous venons de vivre un des sommets évènementiels de l’année : le Salon de l’Agriculture. Le monde paysan ne pourrait manquer ce rendez-vous qui lui fait prendre la lumière en présentant des bêtes peignées et astiquées dans un environnement soigné et propret.
Les agriculteurs, eux aussi, ont soigné leur présentation. Evidemment on a le discours obligé sur le dur métier plein de contraintes mais dans un langage policé. Finies les invectives. Ceux de la Coordination rurale ne préconisent plus de brûler les voitures des inspecteurs. Et répandre du fumier, bon pour une Préfecture, serait ici du plus mauvais goût.
En effet le but d’un salon est de présenter ses productions sous le meilleur jour. On répond gentiment aux enfants des néo-parisiens qui ne savent plus d’où ils venaient. On montre que les moutons ou chèvres de leurs livres d‘images ça existe en vrai. Aussi que le lait dans la bouteille du matin commence par des vaches comme celles qu’ils voient. Pour le beefsteak, on passe.
Le salon est traditionnellement une réunion politique. Après le Président qui a pu délivrer de profondes pensées sur le monde agricole, et aussi sur l’autre, sans être hué c’est le défilé de tous ceux qui pensent devoir se montrer. On a révisé un peu : le mari de la brebis c’est le bélier pas le bouc. Pour faire savant, celui de l’oie c’est le jars. Il n’y a plus qu’à décliner fermement que mon parti est sensible aux difficultés des paysans. Même si depuis quelques années, les paysans ont tendance à se souvenir des promesses et à en reparler. En mémoire de Chirac qui a trouvé là une partie de sa pub on mastique 1 ou 2 tranches de saucisson en avalant un verre de bière.
Cela devait arriver : l’intelligence artificielle est entrée dans les étables. Avec le bon vieux P.C. on identifiait les vaches, on sortait leur C.V. complet. Mais l’I.A. (les vaches ont un collier connecté et moi pas même une montre) ça va plus vite et on retrouve une vache au milieu de 500. Mais qui a 500 vaches ? En réduisant la viande rouge on risque moins de mâchouiller quelques octets dans sa tranche de faux-filet.
Ce n’est pas l’électronique qui m’empêche d’aller au Salon de l’Agriculture mais des souvenirs. Mon grand-père maternel avait un petit train de cultures multiples pour nourrir bêtes et gens. A part le journal, son seul loisir à la veillée était la radio. Radio-Londres très fort pendant la guerre sans souci des allemands peu enclins à se perdre dans ce village. Ma grand-mère nous faisait tendre les avant-bras pour enrouler ou dérouler un écheveau de laine. Je n’ai pas connu le cheval qui avait servi au labour et tiré la voiture de foin. Mais j’ai connu les vaches dont le lait passait du pis à la casserole sur la cuisinière sans aucune interférence. Pas toujours très propres, elles n’avaient pas de cartes poinçonnées aux oreilles mais avaient des cornes. Racontez-vous que le monde agricole a fait des progrès mais, de grâce, laissez-moi mes souvenirs !
10:14 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (1)