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21/02/2026

Une vie à deux, l'exploit quotidien

J’avais évoqué il y a peu un certificat de mes études resté peu usité. Un autre a connu une sorte de jachère, celui de sociologie. C’est vrai qu’on peut se passer des enseignements de Durkheim, ou Bourdieu, ou plus récent d’Edgar Morin pour constater que notre société est passablement déglinguée et ceux qui y vivent ballotés par des injonctions contraires.

Ainsi en même temps l’injonction de faire des enfants et l’annulation du devoir conjugal. Certes il devenait impératif de jeter aux orties ce devoir très connoté religieux. Surtout il était bon de rappeler que le chef de famille, plus  seul maintenant à ce titre,  n’a pas le  droit, marié ou pas, de se comporter comme un  hussard et que l’acte d’amour est normalement une ponctuation voulue ensemble d’un amour déjà sérieusement bâti.

En ce pré-printemps j’observe les mésanges dans le jardin. Chacun son tour, mâle et femelle, apporte sa brindille à la confection du nid. Les oisillons nés, chacun, sans contage comptable, part  aux provisions pour nourrir la nichée. Avec notre intelligence, pas encore artificielle, ne serions-nous pas capables de faire aussi bien que les mésanges. D’ailleurs je n’aime guère, Dieu retiré, que le législateur entre dans ma chambre.

Qui s’est mêlé aussi d’interdire la fessée. Hélas l’actualité montre quotidiennement  des parents qui ne se maitrisent pas et très gravement. Pour autant, fallait-il prendre une loi, difficilement applicable, en espérant donner du sang-froid, simplement de l’amour à ceux qui en manquent. Au reste, une tape sur la couche du bambin crée plus de surprise que de douleur.

Que disent de nous ces ingérences législatives jusqu’à nos comportements intimes ? Que dans notre société tourneboulée il nous faut un responsable, un sauveur pour apaiser nos déprimes. En 45, la société en liesse et délivrée des angoisses de la guerre s’est offert un pic de natalité. D’enfants conçus moins dans des nids ourlés d’or que des chambres tapissées de papier peint acheté aux Nouvelles Galeries et, à l’époque, « dans les liens sacrés du mariage ».

Une vieille institution qui vit encore. En effet on part d’un bon pied quand on laisse publier publiquement l’engagement de confronter 2 individualités pour construire un comportement quotidien harmonieux. Le pied dérape quand la future vie à deux se résume à la quête éperdue de la robe qui va en jeter et à la salle, où, quand, combien, pour le même objectif. Et le comble, le contrat de mariage au cas où et chacun achetant sa moitié de maison, si jamais…

Les tenants d’un mariage qui dure ont un petit bonus. Tous les 10 ans, on se félicite d’être arrivé là et on fête les 40, 50, 60 ans de vie commune labellisés par la sagesse populaire en noces d’or, de diamant, de platine. Ces dernières que nous risquons d’atteindre, boostés par nos enfants et petits-enfants.

  

 

09:27 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (0)