01/05/2026
Suis-je déjà déconnecté ?
Même si pendant longtemps je me suis vu une constitution quasi indestructible, avec l’âge me sont venus quelques désagréments liés à l’âge justement. En l’occurrence, mes yeux m’obligent à consulter souvent le spécialiste.
Logé dans un vieil immeuble bourgeois défendu par une porte en fer forgé très lourde. Insuffisante puisqu’on l’a pourvue de l’indispensable digicode. Qu’on voue aux gémonies quand il faut attendre que quelqu’un entre ou sorte parce qu’on ne peut pas lire le digicode.
J’ironisais devant l’ophtalmo de cette drôle de façon de recevoir les mal-voyants Il m’a cloué en m’annonçant son prochain déménagement dans un truc moderne où la porte s’ouvre toute seule. Malgré une très forte estime de moi-même, j’admets que ce changement ne tient pas à moi. Comme c’était son jour de gloire il m’a aussi fait part de son revirement pour l’acceptation dorénavant de la carte bleue me dispensant ainsi des chèques remplis à l’aveugle depuis 10 ans.
L’histoire, malheureusement pour moi, continue dans un lieu qui me voit souvent : le laboratoire d’analyses. Jusqu’à maintenant, on cueillait à l’entrée le ticket offert pour nous situer dans la file d’attente. La dernière fois le passage était barré par une borne imposante. Sur son grand écran 2 lignes illisibles pour moi. Devant ma perplexité une dame est venue à mon secours. En appuyant sur une des lignes, elle m’a dit : bien sûr, vous venez pour une prise de sang. L’autre ligne était sans doute dédiée à ceux qui croyaient entrer dans un site de rencontres ou un tournoi de scrabble. Avec la même autorité ma bienfaitrice a sélectionné une des 5 lignes suivantes : vous avez une ordonnance, bien sûr. Dans cet endroit, c’est assez courant en effet.
J’ai cru trouver en rentrant des encouragements dans l’édito d’un jeune vieux dans la revue « Vieux ». Le thème du jour était l’allègement. Pas trop physique, c’est souvent trop tard. Mais mental : vider son cerveau de tout ce qui l’encombre. Je sentais que le jeune septuagénaire avait une vue assez floue de ce qu’on est 20 ans plus tard. Je les mets où mes trucs, mes filons pour franchir les barrières qui me barrent le chemin vers les gardiens de ma santé ?
Peu désireux de rester sur le quai j’ai résolu d’aller à pas comptés (très) vers quelques bouffées de numérique. J’avais remarqué ces progres-men payant leur dû avec leur téléphone. L’outil contient déjà tellement de choses, pourquoi pas l’appli-porte-monnaie. C’est alors que j’ai vu au restaurant ce poignet orné de la fameuse montre connectée, qui lit les mails, téléphone, remplace le G.P.S. et, parfois, dit l’heure. Le porteur de la merveille a effleuré le terminal de paiement, déclenchant le sourire de la tenancière et l’édition de sa facture. De notre côté nous attendons 2 montres connectées simplissimes qui sonnent les pompiers si on chute. Pas vraiment encore dans le coup !
10:03 Publié dans Web | Lien permanent | Commentaires (0)


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