18/05/2018
Vieux couple amoureux, et alors!
J’aimerais parler « d’un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaitre » : le couple du grand âge et quel peut être notre état d’esprit quand on parvient à ce stade. Donc de retracer les étapes qui ont jalonné cet aboutissement.
Certains peuvent s’égarer dès la 1ère étape lorsque des lois ou des religions, dominées par des hommes, ont pu élaborer un droit officiellement garanti de faire l’amour. Il peut y manquer le mot-clé de l’expression, l’amour et c’est vite assez court. Ne serait-ce que parce qu’on ne peut pas faire l’amour du matin au soir. Ou du soir au matin, comme peuvent le prétendre des athlètes du sexe. Il va manquer, notamment pour une 1ère fois, quand l’acte sexuel, comme un émerveillement, vient ponctuer une séquence plus ou moins longue de relation amoureuse.
La 2ème embuche pour le couple est la longue période de la maturité, laquelle est souvent mise à mal par des difficultés professionnelles, pécuniaires ou d’incompréhension d’avec ses proches. Comme dans « la traversée du Vercors » à skis, qui se court à deux, l’un soutenant l’autre, on se défait de chacun des obstacles dans une confiance renforcée.
Vient enfin l’heure de la retraite, mais la statistique nous apprend une recrudescence des séparations chez les seniors. C’est là que le comportement est quotidiennement mis à nu devant l’autre et pas toujours sous son meilleur jour. Ceux qui ne se sont pas entrainés au compromis peuvent connaitre des désillusions.
Bien sûr, quand on a triomphé de ces diverses embuches, on sort renforcés, sereins, avec le sentiment d’accoster au bonheur. A ce point-là, les critiques, les provocations ne peuvent plus entamer cette nouvelle félicité. Que les vieux amants renforcent encore par des rituels partagés, que les petits enfants risquent de traiter de manies, mais auxquels ils tiennent.
Certes, on n’y pense pas à chaque instant, mais cela reste en toile de fond : il y aura de moins en moins d’années pour nous deux. Ce n’est pas le moment de le perdre dans les griffures que la société ne manque pas de nous envoyer. Poursuivre son chemin avec sérénité peut se résumer par cette formule certes un peu surannée, l’amour, un point c’est tout !
17:29 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (0)
03/05/2018
Chemin faisant, en roue libre
J’avais raconté ici-même mon 1er contact-vélo de la saison qui fut une sorte de sortie privée puisque nous étions seulement deux. Au gré des sorties suivantes le groupe s’est étoffé. Ce qui m’a donné l’occasion d’observer les us et travers de cette mini-société roulante.
Au rayon des travers, il y a cette manie enfantine d’être le 1er à connaitre la dernière invention. Celle qui tenait la route (sans jeu de mots) récemment, c’était les roues en tubeless. Aucune personne du groupe n’en avait, mais celui-ci avait un copain qui connaissait un copain qui …Pour moi, ce drôle de truc était une découverte, mais d’ici la fin de saison, on en comptera 2 ou 3 paires dans le groupe.
Autre manie enfantine : dans chacun des 5 niveaux offerts aux pratiquants, surtout ceux du haut, il y en a forcément un qui râle qu’on va trop vite, qu’on attend longtemps en haut des côtes, mais qui n’aura jamais l’idée de « tomber » dans le groupe inférieur. Enfantillage certes, mais bien gênant pour les autres.
Plus drôle, on a l’hurluberlu de service. Il a fait la pause comme tout le monde, a bu un coup, grignoté une bricole et remis son casque. Au signal du départ, il re-démonte tout : il doit prendre une photo ! Quand ce n’est pas lui, il a un suppléant. A l’arrêt-pique-nique de midi, il s’installe, pose les gants, le casque et pousse un cri : « j’ai oublié mon casse-croute sur la table de la cuisine ».
12 à 15 cyclistes sur 60 à 80 kms chaque semaine, ça produit forcément ici ou là une crevaison. Et là, il faut voir le ballet qui s’organise, chacun à son affaire, défaire la roue, préparer la chambre de secours, etc. A l’infortuné du silex, à qui on a juste demandé où est sa pompe, le capuchon de valve, on remet un vélo réparé, regonflé sans qu’il ait eu à y toucher !
On sait les vieux prompts à regretter le bon temps où la solidarité primait sur l’égoisme. Aussi ils ne rateraient pour rien au monde leur sortie. En effet, dans le vélo, réputé individuel, cette entraide spontanée étouffe l’individualisme.
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27/04/2018
Trop d'infos tue l'info
Je viens d’apprendre avec consternation que sur nos dizaines de milliers de communes, il en restait 500 encore privées d’internet. En pleine empathie avec ces villageois abandonnés dans leur désert numérique, je me suis mis à la place d’un de ces malheureux. Sans trop de peine, après des années de fréquentation du village de beau-papa, où il fallait survivre avec 3 uniques chaines de télé.
Sans internet, je me vois privé des promos de mon hyper-marché et vais passer à côté de l’affaire qui eut comblé mes désirs. Mais aussi sans trop de regrets puisque de l’hyper, il n’y en a pas. D’ailleurs, on y trouverait de ces produits pleins de saletés avec lesquels on récolte plein de vilaines maladies.
Je le sais parce que j’écoute ma vieille radio très documentée. Mes petits-enfants ronchonnent : « pourquoi, n’as-tu pas une box ? ». Justement parce que je suis dans ce désert numérique. D’ailleurs, chez moi on ne dit pas une, mais UN box, l’emplacement réservé au cheval.
Je ne pourrai pas non plus enregistrer le calendrier des grèves de la SNCF. Je me console : dans ma campagne, il n’y a ni train, ni gare. Je ne saurai pas non plus, ma radio en parle beaucoup en ce moment, si on a réussi « la convergence des luttes ». Certains avaient l’air d’y tenir absolument.
C’est vrai, on voit que je rate beaucoup de choses, mais on voit aussi que ce n’est pas toujours un drame. D’ailleurs, j’ai lu dans mon journal (car dans mon pays abandonné, il y a encore un facteur qui me le livre) que « trop d’infos tue l’info ».
15:14 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (0)