28/12/2013
"O râge, O desespoir, O vieillesse ennemie"
Jusqu’à il y a peu, sans me sentir immortel mais en remettant l’idée de la fin de partie à beaucoup plus tard, je me voyais assez inoxydable, progressant chaque année dans mes exercices, à vélo ou à ski. Deux accidents, coup sur coup, m’ont ramené très vite à une dure réalité.
On m’a bien fait voir, (avec commentaires, « à votre âge »….) que même le calcium du soleil ne me faisait pas des os en acier, que mes synapses connaissaient quelques court-circuits. Et si je n’avais pas bien compris, on m’a collé du métal dans la hanche, du plastique dans les doigts. Tout cela, même pas pour reprendre une progression sportive, mais simplement pour fonctionner chaque jour à peu près normalement.
Au début, pas vraiment préparé, j’ai subi ces accessoires étrangers comme des intrus monstrueux, et craignant de faire peur en les exhibant. Erreur ! Ma calvitie, jointe à ces étrangetés, n’a même pas provoqué une proposition de place assise dans le bus. Les jeunes qui m’entouraient semblaient beaucoup plus accaparés par la réponse aux derniers S.M.S. !
Reste que cette belle surface de plastique vierge aurait pu s’agrémenter de quelque dessin, ou même, en souvenir des « dazibao » chinois, recevoir quelques mots bien sentis. Ca nous changerait des horreurs qu’on a trouvé dans certains journaux récemment .
Quel que soit le sort qu’on réserve à mes composants artificiels, plutôt conservateur sur ce plan, je rêve de reparaître le plus tôt possible avec mes abattis d’origine, même un peu usagés.
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13/12/2013
Le grand Homme et les 77 nains
Mon rythme d’écriture étant ce qu’il est, je n’étais pas à l’heure pour la mort de Mandela. Mais cela ne m’empêche pas d’y faire référence aujourd’hui. Les couronnes tressées, unanimes et dithyrambiques, ayant commencé de se faner, je peux peut-être y aller de ma petite pierre.
Comme tout le monde, dire d’abord à quel point on peut être impressionné par la stature de cet homme. Malgré 27 ans destinés à le casser, il garde en sortant ses convictions aussi fermes qu’avant et la solidité morale pour les faire avancer.
C’est surtout un modèle par rapport au racisme. On ne pouvait guère trouver pire terrain que son pays pour l’exercice quotidien de ce fléau. Et Mandela, en référence à Gandhi ou à Luther King (ou non, je ne sais) lutte sans faiblesse mais sans violence contre le mal qui ronge son pays. On se sent gêné alors de vivre dans un pays où se tolèrent des mots ou des caricatures d’une personne qui, même ministre, n’a que le tort de pas être blanche.
Dans sa logique, il aboutit à ce geste formidable du pardon aux blancs. Il leur offre de partager son rêve de vivre ensemble dans une nation faite de noirs et de blancs égaux. Et il le fera comme président. A quoi ressemble alors, chez nous, les chamailleries mesquines, parfois juste pour le plaisir d’un bon ( ?) mot, entre partis, à l’intérieur même du parti. Si ce n’était grave, on parlerait d’enfantillages !
Mon admiration va à un vrai « grand homme ». Il prouve qu’on le devient en posant des actes forts. Nul besoin d’avoir intégré l’E.N.A. pour cela. De Gaulle dans son appel du 18 Juin, Badinter dans son plaidoyer contre la peine de mort, Simone Weil imposant l’I.V.G. l’ont fait, chacun dans un contexte pas vraiment porteur.
Classant Simone Weil parmi les grands hommes, il me revient que nos pays démocrates et donneurs de leçons se sont fait doubler par des pays musulmans pour élire une femme à la tête de leur pays.
Observant les chamailleries citées plus haut, je crois qu’il faut reporter chez nous le rêve d’une femme Présidente de la République à beaucoup plus tard.
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06/12/2013
Bresil : 2 ratés à 0
Depuis quelque temps, on ne tarit pas d’éloges à propos du Brésil qui a réussi à se hisser dans le top 5 des pays émergents. Au prix certes d’une priorité visant le bio-carburant au détriment des cultures traditionnelles et d’une déforestation ravageuse. La majeure partie des habitants pauvres ne voit guère de retombées de ce succès et ça grogne dans les favelas.
Pour faire oublier ce raté, les dirigeants ont voulu prendre les brésiliens à leur péché mignon : le foot, en organisant la coupe du Monde 2014. La plus belle réussite jusqu’alors a consisté à dépasser en milliards la Coupe en Afrique du Sud. Du coup, ils sont quelques-uns la-bas, à n’avoir pas oublié que notre copain jurassien, Gaby, prêtre, a été assassiné le 24 Décembre 1988 à Vitoria. Il n’avait que le tort de s’occuper des pauvres, sans ces terres que protégeaient des propriétaires à coup de fusil.
Maintenant que le Tribunal admet, 24 ans après qu’il s’agit bien d’un assassinat, le dossier n’est toujours pas arrivé aux Assises de Vila Velha. Les papiers des juges brésiliens ne volent pas aussi vite que les balles des mafias à la solde des gros propriétaires.
Pour faire diversion, les dirigeants avaient un autre écran de fumée : les J.M.J. avec en vedette américaine (du Sud) le pape François. Jamais avares en hyperboles, les medias en ont fait des tonnes sur la simplicité du pape, sur son contact chaleureux avec les gens. Tout en saluant ces qualités, je retiens malgré tout, que le pape n’a pas fait beaucoup avancer le dossier du soldat Gaby, pas plus que ses prédécesseurs. Il n’a pas dit un mot non plus d’Oscar lRomero, évêque du Salvador, assassiné lui aussi.
Au final, les brésiliens, pourtant presque aussi fans de l’église que de foot, n’ont pas perçu ce que cela leur apportait, au quotidien, tous ces jeunes bourgeois qui avaient assez d’argent pour venir chez eux faire leur « Woodstock » catho autour de ce super pape.
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