20/09/2026
Qui veut voyager loin ménage sa monture et ses naurones
On connait l’expression : les voyages forment la jeunesse, souvent suivie par exemple : et déforment les valises. J’aurais volontiers ajouté : et se dégustent à toutes petites lampées pour les vieux
Ainsi nous avons pris quelques jours de vacances en Beaufortin à la faveur d’un cadeau offert par nos enfants et petits-enfants. Nous y avons fait de plaisantes rencontres et humé l’air des montagnes gonflé à l’oxygène de la neige encore accrochée sur les pentes devant nos yeux. Nous étions pourtant ravis de retrouver notre village où les commerces ouvrent en septembre sans l’intersaison désertique des stations. Heureux simplement de pouvoir récupérer une savonnette tombée dans la douche sans s’écorcher la tête ou les fesses sur les minces parois.
Bien sûr nos enfants, plus si jeunes que ça, s’offrent les voyages de leur âge. Celui du sud a laissé chaleur et vent de là-bas pour les montagnes grenobloises. Et projette d’essayer maintenant le vent des jolis villages au bord de la frontière espagnole.
La vagabonde camping-cariste a rencontré plein de gens sur son parcours jusqu’en Turquie où les habitants sont bien plus sympas qu’Erdogan. Elle a même trouvé intéressant de tester leur hôpital en s’offrant une jambe dans le plâtre. Mais sympa aussi !
L’amoureux du Japon veut retourner dans ce pays où on peut laisser son vélo devant la porte sans antivol. La bonne ambiance à côté des jeunes qui essayent toutes sortes de drogue ou des femmes délaissées par leur mari. J’avais vu dans le nord de l’Angleterre des femmes attendant en vain un mari pris dans son circuit du soir, bar-toilettes, bar-toilettes et une pinte de bière à chaque passage au bar. La rébellion des femmes était leur méga-gueuleton du mercredi soir où on ne devait pas tresser des couronnes aux maris. Peut-être de roses à cause des épines.
Le japonasphone nous dira au retour quelle est la réponse des japonaises. Doué pour des riches rencontres il va tester auprès des autochtones éventuellement féminines, ses progrès dans la langue avec ces futurs centenaires.
Ne restera-t-il aux vieux que les souvenirs de leurs randonnées ? Une Irlandaise écrit maintenant un voyage de Dublin vers l’Inde, à vélo, fait en 63. Elle ronchonnait quand on lui conseillait de se vêtir en homme pour traverser ce qui est encore la Perse du shah, déjà malmené par les mollahs. Elle s’abstient d’écrire ce que seraient ses ronchons dans l’Iran d’aujourd’hui.
Décidemment quand on prend de l’âge, on peut prendre une pincée de souvenirs, comme un doigt de whisky, pour les endorphines, avec modération. On a du temps pour rencontrer ceux qu’on aime, voire ceux qu’on aime moins. Et aller voir ce qu’on nous offre là où nos jambes peuvent nous porter.
16:40 Publié dans santé | Lien permanent | Commentaires (1)

